Objectifs du grenelle de l’insertion

Le grenelle de l’insertion sera centré sur l’insertion professionnelle et l’accompagnement social. Plusieurs objectifs sont poursuivis :
Donner la parole aux acteurs et faire de l’insertion un objet de débat de société

Ce sont les acteurs de l’insertion qui ont souhaité un « grenelle » : ce sont eux qui seront entendus, y compris les personnes auxquelles sont destinées les politiques d’insertion. Leur travail est souvent peu visible, leurs difficultés méconnues, leurs idées ne trouvent pas leur place dans le débat public. L’insertion doit devenir un objet de débat public et sortir de la sphère des spécialistes et des professionnels.
Valoriser les initiatives de terrain

Des initiatives locales ont connu des réussites remarquables. Elles ont permis de s’adresser aux personnes qui connaissent les plus grandes difficultés. Elles ont emprunté des voies originales. Elles démentent les idées reçues. Les valoriser, c’est mieux les faire connaître, donner des idées à d’autres, comprendre les ressorts de leur succès, propager leur dynamisme, consolider leur action.
Ne pas enfermer les personnes vulnérables dans une situation de relégation

Retourner au RMI à 59 ans après deux ans de contrat aidé, ne se voir proposer aucune activité quand on demande à travailler, voir ses ressource diminuer quand on reprend un emploi, ne pas avoir accès à la formation professionnelle quand une perspective d’emploi est ouverte, se voir demander des garanties inaccessibles pour se loger quand on reprend un emploi, ne pas pouvoir accepter un premier emploi faute de permis de conduire, ce sont autant de situations qui portent atteinte à la dignité des personnes. C’est à ces difficultés que doivent remédier les politiques d’insertion.
Repenser les politiques d’accompagnement des personnes en difficulté

L’accompagnement peut être un élément décisif dans une trajectoire d’insertion. Pourquoi cet accompagnement est-il source d’autant de frustrations ? Comment ne pas cesser l’accompagnement quand la vie professionnelle reprend ? Comment ne pas prescrire systématiquement un accompagnement quand des réponses plus concrètes doivent être apportées ? Comment davantage conjuguer accompagnement social et professionnel ? Comment encourager le tutorat dans l’entreprise ?
Donner des perspectives stables aux acteurs de l’insertion par l’activité économique et réformer les contrats aidés

Sur le terrain, l’insertion par l’activité économique est portée par de nombreuses entreprises solidaires, associations dont les règles de financement sont complexes et parfois peu adaptées aux missions qui sont les leurs. Mieux évaluer leur activité, avoir des indicateurs de performance cohérents avec leurs objectifs devrait permettre d’adopter un mode de financement plus conforme à leurs contraintes. Par ailleurs le grenelle de l’insertion doit être l’occasion de revoir les objectifs et les caractéristiques des contrats aidés pour en faire un outil plus souple et plus modulable en fonction des besoins des publics qui y ont accès.
Développer la mobilisation des entreprises pour l’insertion

La lutte contre l’exclusion ne commence pas aux portes des entreprises. Elles doivent pouvoir faire davantage de place aux personnes en difficulté. Une politique d’insertion réussie peut contribuer à répondre à des besoins de recrutement dans des secteurs en tension, ou dans les activités qui répondent à de nouveaux besoins sociaux. Les entreprises ont conscience de leurs responsabilités dans ce domaine et de leur possibilité d’accroître leur rôle, soit directement, soit par les relations qu’elles peuvent développer avec les entreprises d’insertion.
Rendre plus cohérentes les politiques publiques

Les personnes vulnérables sont souvent confrontées à plusieurs difficultés qui s’enchevêtrent. Des politiques publiques trop cloisonnées, trop dispersées ne permettent pas d’y répondre. De quoi l’Etat doit-il être garant ? Comment tenir compte des nouvelles responsabilités des collectivités territoriales ? Comment mieux conjuguer activité et solidarité ? Comment des expérimentations peuvent-elles permettre de concevoir des politiques plus efficientes ?