Pourquoi un grenelle de l’insertion

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Le revenu minimum d’insertion a été créé en 1988 et près de vingt ans après on considère toujours que le « i » du RMI a été trop souvent laissé de côté. Les contrats aidés existent, quant à eux, depuis plus de 25 ans et malgré la dynamique qui avait été créée avec le plan de cohésion sociale, ils demeurent des outils perfectibles, qui créent des attentes souvent insatisfaites et qui font l’objet de changements fréquents.

L’implication des entreprises classiques dans l’insertion est, de leur aveu même, insuffisante.

Le nombre de personnes relevant de dispositifs d’ « insertion » est de plus en plus important, à commencer par 1,2 millions de personnes bénéficiaires du RMI. Certains minima sociaux, comme l’allocation de parent isolé (API) ne comportent aucun volet d’insertion. L’insertion des jeunes, malgré l’existence de dispositifs spécifiques en leur faveur reste notoirement insuffisante. Certaines catégories de jeunes cumulent des difficultés qui les exposent à des pratiques discriminatoires, implicites ou explicites. Le retour à l’emploi non aidé après 50 ans ressemble très souvent à une gageure.

Les structures d’insertion sont nombreuses, mais s’interrogent sur leur place, leur financement, leur mode d’évaluation, et souvent sur leur pérennité. Il y a en outre un flottement entre insertion professionnelle et insertion sociale, comme si l’une se faisait au détriment de l’autre, ou que l’insertion professionnelle restait insuffisamment poussée, faute de pouvoir répondre aux besoins importants en matière d’insertion sociale.

Ces insuffisances ne doivent pas masquer quelques remarquables réussites : des réussites individuelles d’abord de personnes passées par l’insertion et qui ont pu renouer avec une trajectoire d’intégration professionnelle et sociale très satisfaisante ; des organismes d’insertion (entreprises ou associations) d’une vitalité exceptionnelle ; des programmes départementaux qui peuvent avoir donné des résultats plus qu’encourageants ; une contribution à l’emploi très positive et très rapide du secteur non marchand dans des périodes de croissance faible.

Il est donc nécessaire de « revisiter » pour ne pas dire remettre à plat la politique de l’insertion professionnelle et sociale : ses finalités ; ses cibles ; ses outils ; son évaluation ; son financement ; sa régulation.

Plus largement la notion de « droits et devoirs « est centrale en matière d’insertion : droits et devoirs de la personne dans un parcours d’insertion ; droits et devoirs de l’employeur ; droits et devoirs de la société à l’égard de personnes connaissant des difficultés.

Economiquement, repenser l’insertion c’est aussi éviter cette situation paradoxale où l’on connaît à la fois un chômage persistant et des pénuries de main d’œuvre dans certains secteurs.

Le grenelle de l’insertion s’inscrit dans le prolongement du grenelle de l’environnement : il convient désormais d’appliquer la notion de développement durable à la richesse des ressources humaines à valoriser et à développer.