Que va changer la réforme de formation prévue pour 2019 ?

La réforme de la formation professionnelle voulue par le gouvernement actuel entrera en vigueur le 1er janvier 2019. Ses conséquences seront multiples et certains de ses détracteurs l’accusent d’aller contre l’intérêt des employés. Certains organismes de formation professionnelle ont même encouragé les salariés à utiliser leurs points avant 2019. Alors, qu’en est-il vraiment ?

Formation

Une nouvelle version du compte personnel de formation

Le compte personnel de formation (CPF) fonctionnait jusqu’ici grâce à un système de cumul des heures. L’employé cotisait chaque mois pour la formation professionnelle et recevait en échange des heures de formation qu’il pouvait dépenser auprès d’organismes de formation professionnelle agréés pour acquérir de nouvelles compétences, et même changer de secteur d’activité.

À partir du 1er janvier 2019, la nouvelle version du CPF sera mise en place. Il ne sera plus question de point, mais d’argent. Désormais, le CPF comptabilisera les droits du contribuable en euros pour le rendre plus maître de sa formation et lui permettre de comprendre facilement le coût réel de sa formation. Le solde de ce CPF sera plafonné à 5 000 €.

Une plus grande indépendance pour le salarié

Depuis sa mise en place en 2015, le CPF offrait une plus grande indépendance au salarié qui n’avait alors plus besoin de l’accord de son employeur pour en utiliser le contenu. Ce sera toujours le cas en 2019. Par ailleurs, les domaines qui exigent de nombreuses formations au cours de la carrière, comme l’aviation civile et les milieux de la sécurité, continueront à laisser la charge de la formation à l’employeur.

C’est pour cette raison que les formations à distance sont de plus en plus populaires. Une formation badge aéroport, par exemple, nécessaire pour que certains employés de l’aviation assurent correctement la sécurité des passagers, peut être faite entièrement à distance. Le salarié n’a donc pas à quitter son lieu de travail et il peut continuer à remplir sa mission.

Pour compenser le coût que représente pour l’employeur de ne plus avoir accès à cette opportunité de financement des formations qu’est le CPF, l’employé a tout de même de certaines obligations. S’il utilise le solde de son CPF pour suivre une formation pendant ses heures de travail, il devra demander l’autorisation de son employeur.

Un taux de change désavantageux ?

Ce qui crispe les opposants à cette réforme du CPF, c’est surtout le taux de change prévu par l’État pour traduire les heures de formation en euros. Le taux sur lequel le gouvernement s’est arrêté est de 14,28 € l’heure. Quelqu’un disposant des 150 heures de formation maximum n’aura donc que 2142 € à partir du 1er janvier 2019. Une situation qui semble injuste à beaucoup puisque cela représente moins de la moitié du plafond. Il y a donc une forte dévaluation des heures cumulées.

L’État assure que les heures de formation ont actuellement une valeur moyenne de 12 € si on en croit le coût des formations. Cependant, c’est une moyenne obtenue grâce au coût des heures de formation des chômeurs qui est de 9 €. Pour les cadres, l’heure devrait plutôt valoir autour de 35 € ! Cependant, tout n’est pas forcément perdu puisqu’il sera possible, pendant cette période de transition, de demander des aides supplémentaires pour compenser cette perte.

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